Empreinte carbone du béton

Décarboner les bâtiments signifie réduire significativement les impacts environnementaux de tous leurs composants, à toutes les étapes de leur cycle de vie. Pour cela, il est nécessaire de connaître l’empreinte carbone de chacun des matériaux, et donc celle du béton.

Qu’est-ce que l’empreinte carbone du béton ?

L’empreinte carbone, encore appelé impact carbone, est la quantité d’émissions de gaz à effet de serre (GES) produite à une échelle donnée (objet, matériau, individu, nation, planète…). Elle est mesurée en kilogramme équivalent de dioxyde de carbone (kg éq CO2). L’empreinte carbone du béton est calculée selon la norme NF EN 15804+A2 / CN.

Empreinte carbone du béton : chiffres clés

En se basant sur ses statistiques de production, en 1990, année de référence, l’industrie cimentière a émis 17,7 Mt CO2. En 2015, les émissions ont diminué de plus de 40 % (10,3 Mt CO2), comme en attestent les différentes données disponibles auprès du ministère de la Transition écologique.

Ces efforts de l’industrie cimentière ont été relayés et complétés au niveau de la fabrication de BPE, grâce notamment à :

  • Des bétons de plus grande qualité pour une meilleure utilisation (moins de m3 au m2), notamment grâce à des ciments plus réguliers ;
  • La diminution du dosage en ciment rendue possible par leur amélioration, les formulations et l’adjuvantation.
  • L’utilisation de camions malaxeurs à faible impact environnemental

Cycle de vie du béton et empreinte carbone

L’empreinte carbone du béton est calculée en additionnant les émissions de GES identifiées à chaque étape de la production, du transport et de l’utilisation du béton.

Pour un m3 de béton classique sans armatures, représentant un poids de 2 310 kg, l’empreinte carbone est de 197 kg eq CO2, soit 85 kg de CO2 par kg de béton. Cette empreinte se décompose ainsi :

  • Ciment livré dans l’unité de production de BPE :        171,5 kg CO2/m3
  • Autres constituants du BPE et fabrication :                   10,9 kg CO2/m3
  • Transport du BPE et chantier :                                       16,5 kg CO2/m3
  • Déconstruction et transport :                                           20 kg CO2/m3
  • Carbonatation (durée et fin de vie du bâtiment) :      – 22,5 kg CO2/m3

Source : SFIC – CIMbéton

Nos engagements pour réduire l’empreinte carbone du béton

L’empreinte carbone du béton peut varier considérablement, d’une part selon sa formulation (il peut y avoir un écart du simple au triple), mais également selon le ferraillage nécessaire pour les performances attendues. Il est donc important d’utiliser les données environnementales les plus précises possibles, correspondant réellement aux bétons et armatures utilisés, et non les données par défaut, le plus souvent très pénalisantes.

Le configurateur BETie

Le configurateur BETie (Béton Impact Environnement) pour le béton prêt à l’emploi permet d’intégrer les données les plus adaptées à la situation d’un projet. BETie est un outil développé par le SNBPE pour calculer les impacts environnementaux des bétons prêts à l’emploi. Il permet de créer des Fiches de Déclaration Environnementales et Sanitaires (FDES) personnalisées en fonction du type de béton, du mode et de la distance de transport, de la partie d’ouvrage considérée et du taux de ferraillage. Il est accessible aux professionnels et au grand public via le site du SNBPE ou via la base INIES, le référentiel français des produits de construction.

 

Les bétons bas carbone

Recourir aux bétons à plus faible empreinte (appelés bétons bas carbone) conçus avec des ciments à faible empreinte carbone est une des solutions pour aider les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre à abaisser l’empreinte carbone des bâtiments, et des structures.

Largement utilisées, les expressions béton « bas carbone », béton « très bas carbone » ou encore béton « ultra bas carbone » ne font pas à ce jour l’objet d’une définition officielle s’appuyant sur un cadre normatif ou réglementaire. Cependant, il est convenu que les bétons « bas carbone » correspondent à des bétons qui, pour des propriétés, des performances, des qualités d’usage et une durabilité équivalente à celles d’un béton de référence, génèrent des émissions de gaz à effet de serre inférieures.

La méthode du bon béton au bon endroit

La filière béton peut proposer une solution pour chaque cas particulier. Cette réponse prendra en compte tous les besoins exprimés, incluant les critères de la norme NF EN 206/CN (classe d’exposition, résistance, consistance…), et le critère de l’empreinte carbone du béton.

Tout d’abord, l’utilisation de la bonne classe d’exposition traduisant l’environnement auquel est soumis le béton durant toute sa durée de vie ainsi que des classes de résistance du béton. Pour chaque classe d’exposition, la norme impose différents critères sur la nature des constituants (type de ciment, de granulats, d’additions, etc.) ou sur la composition du béton (teneur minimale en ciment ou liant équivalent, rapport maximal « Eau efficace/liant équivalent », taux de substitution maximal du ciment par une addition, teneur minimale en air entraîné, etc.). Les classes d’exposition et de résistance influent en effet directement sur l’empreinte carbone du bâtiment. Par conséquent, la prescription d’une classe d’exposition adaptée à chaque partie d’ouvrage plutôt que l’utilisation d’un béton unique peut permettre des gains significatifs au niveau du bilan carbone.

De même, optimiser le dimensionnement des structures en réduisant, par exemple, l’épaisseur des voiles de refends et de façades de 20 cm à 18 cm réduit l’empreinte carbone des structures en béton du projet de 5 %. Ainsi, la recherche de structures optimisées peut permettre, elle aussi, des gains importants en termes de bilan carbone.